La photo du jour

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Lever de soleil sur le sud Lipez PDF Imprimer
Mardi, 16 Mars 2010 17:48

C’est l’aube, et le soleil monte rapidement au dessus des montagnes et des volutes de vapeur d’eau des geysers. Les couleurs sont étincelantes au petit matin dans ce magnifique désert de Bolivie… 

 

Le réveil a été un peu difficile 2h plus tôt avec la douche glaciale qu’on a volontairement évité, et nous n’avons pas encore déjeuné. Mais nous avons instantanément oublié le ventre vide et les paupières lourdes à la sortie de nos dortoirs dans la froideur du Lipez en levant les yeux vers les étoiles : les constellations se fondaient avec les galaxies et les galaxies entre elles pour former des halos de lumière étranges. De mémoire, nous n’avions pas encore vu un ciel étoilé d’une telle pureté avec tous ces astres à portée de main. Mais pas le temps d’une longue méditation astronomique, on saute dans les voitures et on suit notre guide sur la piste ensablée qui grimpe dans la nuit noire. Au sommet d’un monticule nous découvrons en contrebas l’activité intense des geysers, ça fume de partout et les couleurs prennent vie avec les premières lueurs de l’aube.

4 900m d’altitude, il est 6h du matin, il fait -5°C, le soleil apparaît soudain et le paysage s’illumine. Il y a du blanc, du vert, de l’ocre, du jaune et du rose qui se mélangent avec la terre rouge et aride, tout ici montre des signes d’activités volcaniques multiples : c’est un enchantement. Plus tard avant le petit déjeuner et avec une lagune bleue en toile de fond, on va se réchauffer en groupe dans une piscine naturelle d’eau thermale chaude. Pour certains j’en suis persuadé, mais surtout pour moi ce sera aussi l’occasion d’un bain revitalisant qui aura fait défaut au réveil.

Le sud Lipez est le prolongement du désert d’Atacama voisin (qui lui est au Chili) et présente des paysages fascinants d’une autre planète : lagunes colorées peuplées de flamants roses, jardins de pierres ou de rocs comme posés là par des mains d’artistes, volcans d’une conicité presque parfaite, aridité absolue où vraiment rien ne pousse, lignes pures des monticules, collines, crêtes, arbres en pierre sculptés par le vent, et toujours les couleurs d’une palette d’un peintre surréaliste.

Notre traversée du désert avait débuté par le Salar d’Uyuni, immense étendue de sel sur l’altiplano Bolivien où le ciel se confond avec la terre, sans horizon, aveuglant. On a sorti les appareils photos pour des clichés psychédéliques et on s’est amusé comme des fous les pieds dans l’eau. Le Salar est inondé pendant la saison des pluies et s’est pour ça que nous n’avons pas pu le traverser complètement. Ensuite pendant une journée et demi nous allons rouler dans des paysages de désert où les très rares parcelles de végétation attirent vigognes et guanacos en troupeaux. Les plus chanceux d’entre nous on pu apercevoir des autruches des Andes : les nandous, extrêmement peureux, qui s’enfuient au moindre bruit. Par la suite en Patagonie ces mêmes nandous seront légions et nous laisserons tous indifférents, comme les pigeons à paris.

La piste n’a pas été toujours très simple pour nos voitures à la garde au sol limitée. Nous conduisions quelquefois à cheval sur la partie centrale et le bord du chemin pour éviter les ornières trop profondes, mais quel régal dans ce petit coin de paradis quasiment vierge. Seules quelques traces automobiles montrent que d’autres sont passés par là. Peut-être contribue t’on un peu à une forme de dégradation des lieux ? Mais comment profiter de telles merveilles si nous n’y sommes pas ? Venir à pied, à cheval ou à vélo est à coup sur une solution plus écologique si on fait abstraction de ce foutu paramètre du temps qui mine notre condition humaine; vastes sujets à débattre donc, mais absents de nos préoccupations sur le moment au volant de nos véhicules.

Cette région sublime est à découvrir absolument si vous visitez la Bolivie ou tout autre pays alentour.

 

Commentaires 

 
#1 Loulou de chez Olive    17-03-2010 10:54 Certes ce n'était pas le sud Lipez mais plus près de nous, à Saint Martin de Lansuscle (Quoi! Vous ne connaissez pas Saint Martin de Lansuscle? C'est bien la peine de faire le Tour des Amériques…), au coeur du Parc National des Cévennes, un petit coin perdu au fin fond de la Lozère. Une nuit de mi-août, aucune lumière parasite. Allongés sur des transats, aimantés par la beauté d'un ciel aux cent mille étoiles, constellations ou galaxies, excités comme des gosses par l'apparition de dizaines d'étoiles filantes qui traversent l'horizon de part en part, une dimension de beauté extraordinaire.
Bon, y'avait pas les flamands roses. Et alors?
Bon vent et à bientôt. C'est le printemps.